Démarche artistique (suite)
Mon geste créatif repose beaucoup sur la spontanéité. Je cherche sans arrêt le lâcher prise du mental pour atteindre un état de grâce, une méditation propice à la création. J’essaie de mettre de côté toute volonté, toute pensée, tout raisonnement qui pourraient parasiter mon acte créatif.
Proche des techniques des surréalistes de dessin automatique. Je ne pense pas être complètement dans une abstraction du réel. Des éléments extérieurs peuvent m’apporter un support créatif. Par exemple : la contrainte enrichissante du travail avec un modèle vivant.
Je fais souvent le choix de très peu de couleurs : du noir du blanc et une autre couleur. Entre le noir et le blanc, il y a déjà une infinité de niveau de gris. Je fais ce choix pour tendre vers plus de simplicité et être le moins possible dans la séduction, mais plus dans l’authenticité.
Si des visages, des éléments reconnaissables apparaissent à mon insu dans ma toile, je les laisse venir. La peinture devient une somme d’acceptation de ce qui vient, un labyrinthe pour le regard du spectateur, qui peut s’y perdre, s’y retrouver. Perdre le regard de l’observateur pour l’amener dans mon univers.
Ma Démarche : Entre Résonances et Métamorphoses
Ma peinture est un dialogue permanent avec les fantômes de la modernité et les racines de l'imaginaire. Mon regard s'est formé dans le sillage de maîtres qui, avant moi, ont osé rompre le miroir de la réalité pour en révéler les éclats.
La Force du Geste et du Cri
Je puise dans l’Art Brut et le mouvement CoBrA cette liberté sauvage, presque enfantine, où le geste précède la pensée. Comme chez Munch, mon pinceau cherche parfois le « cri » — cette tension émotionnelle qui déforme le sujet pour en extraire l'essence. Cette filiation se poursuit dans mon admiration pour Chaïm Soutine, dont les déformations charnelles m'enseignent que la beauté réside souvent dans le tourment de la matière.
Fragmentation et Reconstruction
Mes portraits sont le théâtre d'une déconstruction volontaire. Inspiré par les compositions hybrides d'Arcimboldo et le génie déstructurant de Picasso, je fragmente les visages pour mieux les réinventer. C'est une quête de structure là où règne le chaos, une manière de voir l'humain sous plusieurs angles simultanés.
L’Inconscient en Liberté
Le Surréalisme est ma boussole. À la manière d'André Masson ou de Miró, je laisse place à l'automatisme, permettant à des formes imprévues d'émerger de la toile. Mon univers flirte avec celui de Jérôme Bosch : un monde foisonnant, parfois onirique, souvent symbolique, où chaque détail est une porte ouverte sur l'imaginaire.
"Peindre, pour moi, c'est organiser ce désordre hérité des grands maîtres pour créer mon propre langage visuel."